J'ai retrouvé mon hamac à l'Oasis, mon dieu que c'est bon de s'allonger à l'abris des regards, des conversations , de rester loin des cris de mon petit frère, des réprimandes de ma mère et des questions idiotes quand à ma manie d'écrire à tout bou de champs... Là, je me repose en regardant la lune à 4h de l'après midi dans ce ciel parfait, j'écoute l'Oued qui glougloute sur fond d'oiseaux gazouillants un peu plus bas et j'observe le paysage grandiose, mélange de montagne, d'Oasis et de désert avec cette lumière extraordinaire caractéristique à la région.
C'est dans ces moments précis que je me rend compte que je hais profondement ma ville et son agitation désordonnée. --'
Des instants magiques où je suis seule au monde, même accompagnée. Des fragments de vie où je ressent ce besoin imperieux et quasi vital d'écrire, avec pour seuls vrais compagnons mon carnet, mon stylo et le frisson.
Oui, le frisson, celui qui me fait sursauter, trembler, reflechir, pleurer. Je n'ai pourtant pas froid, ni de l'interieur, ni de l'exterieur. Au contraire, j'ai chaud et puis j'ai mal, partout. Tout le temps. Mon dos, mes doigts, mon visage, mon ventre, mes jambes, ma tête!
De nouveau, un frisson, et puis j'ai les larmes aux yeux. Ce petit picotement désagréable, aux yeux, au nez. La digue va bientôt céder, le robient va s'ouvrir . Ca vient des pieds, et sa remonte jusqu'à la tête, et ça fait mal.
C'est bon, il sen va... revenons à nos moutons.
Parlons de ces moments uniques en leur genre où je n'ai plus qu'une envie, être de retour chez moi.
Mais c'est ou, chez moi?
Est-ce que c'est le matin d'hiver où, envelopée dans mes couvertures bien chaudes et confortablement installée dans mon lit, une minute avant que le reveil ne sonne, ces quelques secondes qui parèssent durer des heures, mais jamais assé pendant lesquelles je commence ma journée, ou termine ma nuit, au choix.
Serait-ce chez moi les quelques marches derrière le CDI où je me réfugie le vendredi de midi à une heure, émitouflée dans ma veste noire, observant la cour enfin apaisée. Sans le petits sixièmes qui courent partout, ou le plus grands qui jacassent.
Ou bien alors à chaque fois que, après une dispute avec Sunny, je m'isole dans mon coin, dans ma tête, pour réflechir...
Mais peut-être est-ce aussi ce moment rare pendant une soiré entre copines, vers deux heures du matin (quand on tient jusque là) où le sujet de conversation à viré vers le très serieux, vers les sujets qui fachent, qui rendent malheureux...
Je n'en sais fichtrement rien, probablement que c'est un mélange de tout ça, ou peut-être autre chose... Mais toutes ces situations on au moins un point en commun: le frisson.
Encore ce fichu frisson.